LE REVE PERDU
L'Homme ne rêve plus. Dans son livre d'images
Il ne voit qu'un présent servi par de faux mages
N'exhibant, du réel, que des spectres d'horreurs,
Et jetant l'avenir au brûlot des fureurs.
Où sont les ciels d'azur, les océans d'ivresse
Dont nos aïeux forgeaient avec tant de noblesse
La folle éternité bienséante aux cœurs purs ?
N'éclaireront-ils pas l'aube des temps futurs ?
Et les glorieux refrains des récits de conquêtes,
Tous les beaux sentiments que chantaient les Poètes
Et dont la douleur même avait un goût d'espoir ?
L'imaginaire a-t'il égaré son pouvoir ?
Il suffirait pourtant d'un éveil de conscience,
D'une idéologie exempte d'obédience
Pour semer dans l'esprit des graines d'évasion,
Celle des grands destins sublimant la vision
D'un Monde qui saurait abolir la misère,
D'un Monde qui pourrait interdire la guerre,
D'un Monde qui voudrait que l'amour fédéré
Ne soit plus un vain mot mais un songe avéré.
Rêvons ! Qu'un souffle ardent nourrisse la pensée !
Voir plus loin, voir plus grand n'est pas chose insensée,
Encore moins chimère ! Ô saine déraison,
De notre Humanité tu es la guérison !







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