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LIVRES ANCIENS

   



 
24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 10:19

 

Pour rester dans l'air du temps, je remets à l'honneur ce poème évoquant les vacances.


 

J'aime le fier mistral et sa violence sèche,
Quand sa respiration exhale en ses chaleurs
Le souvenir lointain de ces journées de pèche
Où nos fils s'emmêlaient sous nos rires boudeurs.

Le céleste lampion boucanait ma frimousse,
Pourtant bien à l'abri sous l'affreux galurin
Que j'ornais finement de branches de jarousse
Auxquelles je tressais des fleurs de romarin.

Nous étions cinq cousins, j'étais la seule fille,
La plus jeune et, mon Dieu ! combien j'en profitais !
Moi le corsaire en chef, général de flottille,
A la moindre cabale aux fers je les mettais !

M'ouvrant dans les ravins des sentes bocagères,
Ils charriaient mon seau, ma canne, mes appas,
Et tapant du bâton pour chasser les vipères,
Ils me faisaient rempart pour assurer mes pas.

Je n'avais peur de rien menant cet équipage ;
Légère et insouciante au seuil de mes onze ans,
Le seul événement qui me mettait en rage,
C'était quand les ronciers me volaient mes rubans.

Lorsque nous arrivions au bord de la rivière,
Nous contemplions la berge avec solennité ;
Puis nous prenions d'assaut la barque du Grand-père,
Que menait le plus grand, imbu de dignité.


" Oh ! combien de marins, combien de capitaines " !
Déclamais-je, debout, sous le regard contrit
Des cousins atterrés par mes calembredaines,
Craignant que les poissons ne s'offusquent du bruit !


Mais contre toute attente, en terme d'halieutique,
C'était moi la meilleure, au grand dam des garçons

Qui m'imputaient pouvoirs de sorcière aquatique
Jurant que j'envoûtais leurs vides hameçons !

Lors, affectant un air de princesse outragée
Je levais le menton, le profil si distant
Que mes galants vassaux, me croyant affligée,
Me tendaient leurs goûters d'un geste repentant.

Les bras embarrassés par le gracieux viatique,
Ne pouvant plus longtemps aristocratiser,
Je riais aux éclats d'une joie authentique
Et je leur rendais tout, majoré d' un baiser !


Quand le soleil plongeait derrière la montagne
Nous reprenions, fourbus, le chemin du retour,
Célébrant les splendeurs d'un pays de cocagne
Qui semait sur notre âme un parterre d'amour.



  Brandissant nos trophées, nous abordions à l'aire
Où le feu crépitait sous les vents étésiens ;
Nous revenait alors comme un instinct grégaire :
En cercle nous dansions, poussant des cris d'indiens !
 
Puis soufflant sur ses doigts pour saisir la friture,
Chacun se régalait des goujons alléchants ;
Et tandis que la nuit brodait notre aventure,
La lune palpitait au rythme de nos chants.

Ô divins souvenirs parfumant la mémoire
Qui éclairez mes jours d'un lustre généreux,
Si je conte aujourd'hui votre éternelle gloire
C'est que je rêve encore à ces instants heureux. 


 

 

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