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LA GALERIE DE
Sabine Monosiet
jeune peintre
de Montréal
http://www.geocities.com/
sabinem_art/
(avec son aimable autorisation)
Je n’osais espérer obtenir
une écoute,
Encore moins avoir,
si tôt, un commentaire.
Lors donc, je peux y croire,
il n'y a plus de doute :
Je peux parler au Monde ...
et ne vais plus me taire.
Merci cher Peter Pan,
ton accueil bienveillant
M'est allé droit au coeur,
je t'en fais allégeance,
Toi qui d'un simple clic
m'a ouvert le battant
Du grand Portail du Net
où, timide, j'avance.
Ma main temblote un peu
sur la touche muette
Qui transporte mes mots
vers ton antre secret,
Et d'un vol scintillant,
facétieuse Clochette,
Je t'envoie ce poème
en un espoir discret.
Je guette ta réponse
au mode épistolaire
Bien décidée à lire
avec délectation
Tes courriers qui sauront
sans nul doute me plaire
Car tu es le pionnier
de ma "libération".
Reçois de mon Pays
aux multiples Merveilles
Un bouquet de pensées
aux divines fragrances ;
Qu'il embaume ta vie et,
lorsque tu t'éveilles,
Que sa couleur t'évoque
un soleil de vacances .
Novembre 2006
Ce poème fait suite à "THEBAÏDE". ( poème écrit en Janvier 2007 )
Comme lui, il m'avait été inspiré par un visiteur de l'époque - dont, nonobstant le caractère séditieux du discours, j'admirais la réthorique et le savoir.
Ce personnage, enigmatique autant qu'inquétant, avait "volcanisé" mon encrier.
Cependant - par un paradoxe qui est, je crois, commun à tous les scribes - me défaire de ce Poème, en le publiant, m'était aussi douloureux que de le confier au Cerbère de ma mémoire. Je ne
pouvais me résoudre à le "lâcher".
Je mentirais en disant que je l'avais oubié, mais je ne l'ai jamais relu avant aujourd'hui. Il en va ainsi de tous les poèmes que je publie. Il ne m'appartient plus. Je vous l'abandonne.
Puisse sa lecture vous transporter comme le fit, pour moi, son écriture.
TERRE RANCE
Il habille de noir ses pensées, et sa bouche
Vomit des mots serpents aux ferments venimeux ;
Des succubes déments se disputent sa couche,
Inondant son regard de leurs crachats spumeux.
Mais ses yeux restent secs, stérile sa souffrance
Quand, assiégeant la nuit, ce chevalier sans grade
Fourbit l'arme acérée de sa belligérance,
Puis ceint son halecret et lance sa croisade.
Il se donne à la rue, de sa chair fait commerce,
Se damne goulûment en vile turpitude ;
Mais il garde son coeur, qu'aucun trait ne transperce
Et que seule assouvit sa sombre assuétude.
Sous le masque trompeur d'un avatar gracieux,
Ce loup en tapinois, les crocs luisants de bave,
Rameute son gibier d'un discours licencieux ;
Puis sa proie appâtée et soumise, il l'emblave.
Lors, lavé de sa boue son esprit s'abandonne
Et, guidé par le jour qui lui a pris la main,
Il arrache à son front l'épineuse couronne :
Son visage sans fard transfigure l'humain.
Immolant sa défroque, il s'incarne.
Et son âme Exsude sa noirceur au soleil rédempteur ;
Sa plume s'adoucit et n'a plus rien d'infâme,
Portant au firmament ses talents de rhéteur.
" Ô condottière impie ! Héraut de vil augure !
Délivre en son tréfonds ton guerrier flamboyant ;
Abreuve sa folie au flacon d'angusture,
Redore son blason d'un éclat foudroyant !
En cette vacuité où ton ombre tressaille,
Sur les charniers fumeux où ton âme est couchée,
Dans le terreau ardent de tes champs de bataille,
Eclora cette fleur que tu as tant cherchée.
Eloigne de son sein le pernicieux reptile
Qui nourrit la douleur de ton coeur d'obsidienne ;
Ne sens-tu du parfum la fragrance subtile
De son pistil offert ? "-Il dit :" Je la veux mienne ! ".
Déposant sur sa langue un pétale ulciné,
Il titube, égaré, au seuil de la géhenne
Que son arc triomphant, au dôme calciné,
Figure un bref instant en voie élyséenne.
Puis il jette sa gourme ; et bientôt il s'inonde
Au torrent de ses yeux charriant son errance;
Par son glaive spectral il s'adoube et féconde
D'une larme d'Eden sa noire Terre Rance.
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