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LIVRES ANCIENS

   




L'ALCOVE

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La pluie se rinçait l'oeil à travers la fenêtre.
Quelques gouttes, parfois, tentaient de ralentir
Comme pour mieux goûter aux vagues de bien-être
Unissant les deux corps dans un même soupir.

L'homme s'alanguissait dans le creux de la femme.
De leurs flancs attisés montait une vapeur
Qui vibrait au-dessus d'un parterre de flamme,
Conférant au décor une ardente douceur.

L'éclair zébra le ciel,  jaloux de l'apparat.
Dans un ultime élan de sa chair embrasée,
Le galant vint cueillir, au calice incarnat,
La fleur épanouie empreinte de rosée.

Le tonnerre éclata tel un immense rire.
Sur le lit chaviré flottaient les amoureux
Enivrés du plaisir de leur charnel délire,
Et qui se regardaient, assouvis et heureux.

L'astre du jour, curieux, enchâssa ses rayons.
Impudique il lécha les formes dénudées
Que froissaient mollement de langoureux frissons
Laissant, de tant d'émoi, leurs âmes lézardées.

L'ondée chassa l'intrus du divin tabernacle.
Lors, gardienne du temple ou se mourait le jour,
Elle exalta les chairs à bisser le spectacle,
Dessinant au vitrail des épitres d'amour.

La Lune ricocha sur l'éther nuageux.
Gisants pétrifiés dans leur fusion d'albâtre,
Les amants se donnaient au sopor bienheureux
Quand le rideau tomba sur l'émouvant théatre.


 

Par Alice HUGO - Publié dans : POESIE CLASSIQUE - Communauté : L'âme du poète
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