Coups de coeur

 

 

 

 

 

 

 

LIVRES ANCIENS

 

 

 

 
A PETER PAN

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A vous... Poétesse

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LIVRES ANCIENS

   



 
30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 18:30

EN VERS... ET CONTRE TOUT

EN VERS

 

  

L'Alexandrin se meurt. Le Poète agonise.

La Muse, aux fers du temps, s’est lentement soumise,

Réduite par le joug d'une banalité

Jetant nos idéaux dans la fosse publique,

Et nous asservissant au tube cathodique

          Sous couvert d’actualité.

  

Sonnets, Pantoums, Maillets, oriflammes des rimes,

Votre encre s’est lavée en de sombres abîmes

Où les sens corrompus ont enchaîné l’esprit.

Englouti le Verset!  Coulé l’octosyllabe  !

Fracassé le quatrain dans les pinces du crabe !

          L’image a dilué l’écrit.

 

Pourtant… Que de trésors dans le vocabulaire

Quand il s’offre à la feuille en vague épistolaire,

Et quel plus grand bonheur que de conter en Vers

Des chroniques de vie entre bonheur et peine,

Exposant aussi bien  – et sans mauvaise haleine –

          Le contenu des faits-divers !

 

 Lire  !  Non, seulement, que des romans de gare,

Des Goncourt,  des Essais où la raison s’égare,

De barbares récits, contes de malemort

Qui ne font qu’alourdir votre fardeau d’angoisse,

Mais de nobles Recueils où pas un trait ne froisse

          Dans la liberté du transport.

 

Lecteurs ! Ne laissez pas mollir votre cervelle !

La versification et sa Lyre immortelle

Peuvent,  sans coup férir, vous enseigner autant.

La muse des Anciens s’est tenue à la page,

Elle dit le vécu sans aucun caviardage*,

          D’un ton moderne et exaltant.

 

Ouvrez les manuscrits !  Récitez des poèmes !

Ecoutez le refrain enivrant des phonèmes

Offrant à l’intellect tant de raffinement.

Voyez !  L’ombre des mots à vos yeux s’illumine,

Chassant de votre cœur le fiel qui calamine

          Les rouages du sentiment.

 

Et vous, grands Editeurs, censeurs des temps modernes,

Vos Comités* ne sont que des nids de badernes

Où les Contributeurs* n’élèvent qu’une voix ,

Celle qui fait écho sur l'acier de votre âme,

Tandis qu’en vos Maisons* vous consacrez l’infâme :

          « Ci-git la Poésie en croix ».  

 

 Sera-t’il parmi vous un sujet moins rigide

Conférant aux rimeurs l’appui de son égide ?

Lequel, abolissant l’anathème indécent

Qui signe le trépas des enfants du Parnasse,

Un seul, moins boursouflé d’un pyrrhonisme* crasse,

          Se montrera munificent ?

 

Producteurs ! Rédacteurs ! Chroniqueurs d’opérette !

Mornes littérateurs au zèle de soubrette

Dont l’éclat s’affadit sous le vernis mondain,

Vous croyez-vous nantis d’un talent d’aristarque*

Tandis que vous tissez, au fuseau de la Parque*,

          Le brocart de votre dédain ?

 

Allez-vous rester sourds, aveugles, inflexibles

Au prétexte vénal des audiences futiles,
Les neurones soudés au sceau du coffre-fort ?
Lequel s’élèvera de ces puits d’indigences ?
Un seul,  pour exalter de nobles émergences  :

          Celles du cœur et de l’effort  !

 

Vous tous, qui fustigez la sotte platitude

Des textes solfiés n’offrant que lassitude,

Tirez le jus fécond des novices Auteurs  !

Les Illustres sont morts  :  Vive la Jeune Flamme  !

Ne l’entendez-vous pas, quand sa Plume réclame

          L’oreille des Compositeurs,

 

Et l’intérêt hardi des Hommes de Théâtre 

Serinant à l’envi leur emploi de bellâtre,

Alors que tant d’opus dorment dans les tiroirs  ?

Des textes inédits, oeuvres contemporaines 

Rongées par le mépris et vos lois souveraines,

          Plus infamants que des mouroirs.

 

 J’en appelle au sauveur du Verbe poétique,

A celui dont la sève est d’essence authentique

Et qui lira ces mots encrés de ma ferveur  ;

Un seul, plus éclairé, plus courageux sans doute

Dont je salue, ici,  l’éventuelle écoute,

          Espérant qu’il loge un rêveur ...

 

 

 

* caviardage  :  censure.

* Comités  :  de lecture
* Contributeurs  : " ceux qui apportent leur pierre à l'édifice"

* Maisons  :  d’édition.

* Pyrrhonisme  :  scepticisme.

* Aristarque  :  critique sévère.
* Parque  :  les Parques président à la destinée des hommes en filant (Clotho), dévidant (Lachésis) et coupant le fil de la vie (Atropos)

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